Oui, le gros mot dans le titre est nécessaire, car après des très nombreuses années à revendiquer nos droits en tant que
personnes directement concernĂ©es, le message n’est toujours pas passĂ©. Il est temps GRAND TEMPS que cela change !
Encore ces derniers mois, nous avons Ă©tĂ© tĂ©moins de plusieurs exemples de prise de parole voire de dĂ©cisions politiques sans jamais penser Ă inviter des personnes concernĂ©es. Et par personnes concernĂ©es, non, ĂŞtre un.e proche d’autiste ne suffit pas ! Aborder l’autisme en invitant des proches pour parler de NOS difficultĂ©s, de NOS besoins et de NOS revendications, c’est Ă©carter dĂ©libĂ©rĂ©ment NOS voix et NOTRE vĂ©cu du handicap. C’est participer Ă une oppression validiste oĂą nos voix sont silencĂ©es face Ă la parole Ă de personnes qui pensent mieux savoir ce qui est bon pour nous.
Cette oppression n’est d’ailleurs pas diffĂ©rente des autres. Combien de fois avons-nous vu des dĂ©bats tĂ©lĂ© sur les droits des femmes ou sur le fĂ©minisme uniquement entre hommes ? Sur les droits des personnes racisĂ©es uniquement entre personnes blanches ? Sur le port du voile sans personne voilĂ©e ?
Aujourd’hui est la journĂ©e de sensibilisation Ă l’autisme. Et pourtant, on sait dĂ©jĂ très bien ce qui va tourner en boucle Ă la tĂ©lĂ©vision et dans les mĂ©dias : des reportages sur la souffrance de l’entourage, des crises autistiques filmĂ©es sans consentement, peu ou pas de reprĂ©sentations adultes, et des tournures de phrases que nous ne voulons plus entendre (« atteint.e d’autisme », « souffrant.e d’autisme », « maladie », etc.).
đź’ˇ Pour aller plus loin
Notre article « Autiste, avec autisme, sur le spectre, porteur d’autisme… Comment nommer les personnes autistes ? »
Dans cet article, nous reviendrons sur quelques exemples rĂ©cents qui illustrent parfaitement Ă quel point le chemin vers la reconnaissance de nos voix est encore très loin d’ĂŞtre acquise.
Le cas Cap48 : Un enfant sur 66 = Une personne sur 66 !
Pour rappel, Cap48 est une organisation chargĂ©e de rĂ©colter des fonds destinĂ©s aux personnes handicapĂ©es. Cette annĂ©e, la promotion s’est centrĂ©e autour de l’autisme. Vu la dĂ©sinformation qui circule toujours sur le sujet, la nouvelle nous avait tout d’abord rĂ©joui.es. Mais très vite, nous avons mĂ©chamment dĂ©chantĂ©… Rien que le slogan de la campagne indiquait dĂ©jĂ la tempĂ©rature :

Dans un premier temps, la campagne avait pour slogan « L’autisme touche un enfant sur 66 ». Rien que lĂ , un problème se pose, et non des moindres. Si l’autisme touche un.e enfant sur 66, c’est bien qu’il touche aussi un.e adulte sur 66, non ? Pas de mĂ©prise : enfants comme adultes sont tout aussi important.es Ă prendre en compte. Ce que nous dĂ©nonçons ici, c’est qu’avec cette tournure de phrase, cela perpĂ©tue le clichĂ© que l’autisme serait un trouble infantile ! De plus, ce spot publicitaire a Ă©tĂ© diffusĂ© en masse et a donc largement contribuĂ© Ă ancrer cette idĂ©e reçue dans l’esprit du grand public.
NĂ©anmoins, nous reconnaissons Ă©galement l’utilitĂ© des actions des actions de Cap48. Actions qui – malgrĂ© de nombreuses maladresses – sont essentielles et dont nous avons grandement besoin. Pour rappel, les dons rĂ©coltĂ©s ont permis en une annĂ©e de :
- Renforcer les centres qui assurent les diagnostics, notamment grâce Ă l’ajout d’une personne ressource par centre, ce qui permet de diminuer les listes d’attente
- Financer un projet de recherche (avec l’appui de tous les centres de diagnostic et des 5 universitĂ©s de Belgique) pour essayer de mieux comprendre les besoins des enfants autistes.
La souffrance de l’entourage ne doit pas supplanter la nĂ´tre !
Dans un second temps, le slogan du Cap48 a Ă©tĂ© changĂ© par « L’autisme touche une famille sur 66 ». Et c’est pas pour un mieux. Pour mieux dĂ©tailler tout cela, avançons dans le temps, Ă la date du 15 octobre 2023. Ce jour-lĂ , Cap48 clĂ´ture sa campagne par sa grande soirĂ©e de sensibilisation. Et lĂ , nous avons un florilège d’Ă©lĂ©ments qui ne pouvaient que nous faire sauter au plafond.
Beaucoup de maladresses dans les termes employĂ©s. On ne voit pratiquement que des familles qui parlent de leurs souffrances Ă elles, et très peu de tĂ©moignages du point de vue des personnes autistes elles-mĂŞmes. Les sĂ©quences sont illustrĂ©es avec une musique misĂ©rabiliste. Un parent confie Ă un moment : « J’ai dĂ» faire le deuil d’un enfant, quelque part ».
En tant que personnes concernĂ©es, voir ces sĂ©quences nous fait Ă©normĂ©ment de mal. Mettre autant l’accent sur les souffrances de nos proches, ça participe Ă la sensation qu’on est de trop, que nous sommes des fardeaux, que nos proches seraient mieux sans nous. Et donc, a fortiori, ce genre de discours peut nous mener Ă des comportements autodestructeurs voire suicidaires.
De fait, entendre les tĂ©moignages de ces familles nous renvoie Ă beaucoup de souvenirs parfois traumatiques. Nous sommes beaucoup Ă avoir subi une Ă©ducation oĂą nos particularitĂ©s ont Ă©tĂ© sĂ©vèrement rĂ©primandĂ©es, oĂą nous avons reçu des punitions voire châtiments corporels car on stimmait trop, car on ne regardait pas dans les yeux, car on Ă©tait trop dans notre bulle, ou car certains aliments nous faisaient vomir. Nous avons vĂ©cu des annĂ©es Ă subir du gaslighting, Ă taire nos besoins et difficultĂ©s. On se forçait constamment Ă aller Ă l’encontre de notre fonctionnement pour faire plaisir Ă nos proches et Ă©viter les punitions. Mais malgrĂ© tous nos efforts, ce n’Ă©tait jamais assez. Nous nous sommes totalement effacĂ©.es sous un masque, menant trop souvent Ă des crises existentielles Ă l’âge adulte, avec une perte totale de sentiment d’identitĂ©, une impression de n’ĂŞtre qu’une coquille vide, et tout ça car il fallait plaire aux autres Ă tout prix.
Bref, à toutes les personnes qui ont parlé et continuent de parler à notre place dans les interviews et sur les plateaux télé :
Vous n’avez pas le monopole de notre handicap !
On ne dit pas que les parents et proches de personnes autistes ne souffrent pas ou ne peuvent pas s’exprimer sur leur vécu. Mais les voix de personnes non-autistes restent encore trop majoritaires : les autistes devraient être sur le devant de la scène pour les questions qui les concernent !
Autisme, médias et société
Le plus dĂ©routant avec le Cap48 a Ă©tĂ© de voir la campagne et l’Ă©mission diffusĂ©es Ă la RTBF, qui est une chaĂ®ne qui sait gĂ©nĂ©ralement se remettre en question respecter la dĂ©ontologie journalistique. Sur son site, la chaĂ®ne se dĂ©finit comme suit :
La RTBF se veut être un moteur d’expression et d’épanouissement pour tous, par tous et partout. Ses missions et ses obligations se définissent autour de deux axes : les besoins, les attentes des citoyens belges francophones et sa volonté d’informer, de divertir et d’éduquer.
« Quelles sont les principales missions et obligations de la RTBF ? » www.rtbf.be
La mission première de la RTBF est de confirmer et certifier une information avant de l’expliquer et de la mettre en perspective en plaçant l’investigation au cœur de sa démarche.
Ces dernières années encore, en collaboration avec Média Animation et des associations concernées, elle a sorti 3 livrets :
- « Sexisme, médias et société »
- « Racisme, médias et société »
- « LGBTphobies, médias et société »
Trois ouvrages d’une importance majeure car ils mettent en lumière l’importance de l’intĂ©gration des personnes directement concernĂ©es par les discriminations dans l’Ă©laboration des contenus qui leur sont dĂ©diĂ©s. Alors question : pourquoi un tel faux pas en ce qui concerne l’autisme ? Ne serait-il pas temps de s’atteler Ă un « Handicap, mĂ©dias et sociĂ©té » ? Vraiment, nous serions ravi.es d’avoir un jour un tel livret entre nos mains.



En attendant, nous nous permettons d’Ă©laborer d’ores et dĂ©jĂ une proposition d’Ă©bauche.
a) Attention à vos invité.es et à la désinformation !
Les plateaux tĂ©lĂ© invitent très peu les personnes autistes. Souvent, on invite les familles qui parlent de l’autisme avec beaucoup de maladresses. Encore beaucoup d’entre elles en parlent comme d’une maladie. Certaines vont jusqu’Ă tenir un discours extrĂŞmement validiste avec une volontĂ© affirmĂ©e de lutter contre l’autisme de leur enfant.
En France, il a Ă©tĂ© constatĂ© que des mĂ©decins invitĂ©.es sur des plateaux parlent parfois aussi de l’autisme comme d’une maladie. Certain.es mĂ©decins avancent mĂŞme des thĂ©ories maintes fois rĂ©futĂ©es par la recherche scientifique, comme l’idĂ©e que l’autisme est provoquĂ© par les Ă©crans ou les vaccins. Et ce sans personne pour contredire ces affirmations.
b) Fictions complices d’une reprĂ©sentation biaisĂ©e de l’autisme
Les reprĂ©sentations de personnages autistes dans les fictions sont encore aujourd’hui très caricaturales. On ne prĂ©sente plus les deux exemples les plus connus :
- d’une part le petit garçon blanc non-verbal et souvent en proie aux crises.
- d’autre part l’homme trentenaire – toujours blanc – surdouĂ© et qui semble dĂ©pourvu d’Ă©motions.
Et parmi eux, encore beaucoup trop de stĂ©rĂ©otypes : des personnages dont l’autisme est flagrant (alors qu’en rĂ©alitĂ© on le camoufle au maximum pour Ă©viter rejet et/ou violences), des mises en scène montrant des personnes autistes très renfermĂ©es, qui manquent d’empathie ou de second degrĂ©, voire en pleine crise. La vision de l’autisme est encore trop souvent placĂ© du cĂ´tĂ© des personnes allistes, qui au mieux s’amusent de nos stĂ©rĂ©otypies, au pire se plaignent de devoir supporter nos crises (parce que tout le monde sait qu’on les fait par caprice et non en rĂ©action Ă une trop grande souffrance *sarcasme*). On retrouve aussi parfois des formes de discrimination positive comme quoi notre autisme serait une sorte de don ou de super-pouvoir qu’on devrait dĂ©couvrir et apprendre Ă exploiter.
Ces stĂ©rĂ©otypes sont d’autant plus vĂ©hiculĂ©s que, presque toujours, les personnages autistes sont jouĂ©s par des non-autistes, et donc avec plus de risques de forcer certains traits, quitte Ă en devenir une caricature.
đź’ˇ Pour aller plus loin
Notre dossier « IdĂ©es reçues sur l’autisme »
c) On n’est pas que autistes !
ĂŠtre autiste finalement c’est comme pour toutes les minoritĂ©s. Si les personnages fĂ©minins sont parfois victimes du syndrome de la Schtroumpfette, il existe Ă peu de choses près le mĂŞme phĂ©nomène pour les personnages racisĂ©s, queer, ou handicapĂ©s : c’est souvent leur seul trait de caractère et ils n’ont aucune individualitĂ© en dehors de ça. Pourtant, il y a facilement moyen de procĂ©der Ă quelques ajustements. Globalement, les pistes d’amĂ©lioration restent les mĂŞmes pour chaque discrimination :
- Le personnage ne doit pas ĂŞtre dĂ©fini que par ça (quel est son but dans la vie ? quels sont ses dĂ©fauts ? sur quoi est-il d’accord ou pas d’accord par rapport Ă d’autres personnes autistes ? met-il le dentifrice avant ou après avoir mouillĂ© la brosse Ă dents ? etc.)
- Le personnage n’a pas Ă ĂŞtre le seul de son entourage Ă l’ĂŞtre (l’autisme est souvent hĂ©rĂ©ditaire et, mĂŞme sans diagnostic, on s’entoure plus naturellement de personnes qui nous ressemblent)
- Se nourrir de témoignages de personnes concernées (et pas juste un ou deux !)
- Faire appel Ă des Sensitivity readers
- Un personnage autiste n’est pas le porte-parole de toutes les personnes autistes
- Etc.
d) On ne filme pas les crises autistiques !
C’est devenu une pratique très courante et pourtant ça n’en reste pas moins une forme de violence très grave. Les crises autistiques, ce sont des moments oĂą on est Ă bout physiquement et mentalement, oĂą on est hyper vulnĂ©rables et oĂą on a dĂ©jĂ honte de notre Ă©tat. Nous filmer Ă ce moment-lĂ est très violent et destructeur !
Pour l’illustrer par une mĂ©taphore :
Imaginez qu’on vous empĂŞche toute une journĂ©e d’aller aux toilettes. Au fur et Ă mesure des heures, vous en avez de plus en plus besoin. Mais mĂŞme en l’interdisant et en Ă©tant dans une situation inappropriĂ©e, il y a un moment oĂą le corps finit par s’en foutre et craque. Imaginez qu’en plus du sentiment de honte que vous ressentez, on vous filmait en sous-entendant que vous n’avez pas fait assez d’efforts et que c’est vous le problème ? Que vous voyez ensuite vos proches montrer cette vidĂ©o Ă votre famille, Ă leurs ami.es voire aux mĂ©dias ? C’est exactement ce que ça nous fait. C’est pourquoi nous ne voulons plus les revoir Ă l’avenir.
e) Attention Ă l’inspiration porn !
Chaque discrimination a sa part de discrimination positive. Pour l’autisme – et plus gĂ©nĂ©ralement pour le handicap – le plus grand ennemi Ă traquer est probablement l’inspiration porn.
C’est un procĂ©dĂ© narratif qu’on retrouve dans les fictions, mais aussi dans les biographies ou les documentaires. Et vous aurez probablement au moins un exemple en tĂŞte. Il s’agit de montrer une personne surpassant son handicap pour accomplir un exploit et nous donner une belle leçon de vie (aka aux personnes valides).
Mais en quoi cela pose problème ?
Le tout est de se demander Ă qui est destinĂ© le message. Et bien souvent, force est de constater qu’il s’adresse uniquement aux personnes valides. Notre condition de personne handicapĂ©e est dĂ©valorisĂ©e pour mieux valoriser la vĂ´tre. Le handicap est prĂ©sentĂ© comme une tare, une situation qui empĂŞche d’accĂ©der au bonheur, en plus de crĂ©er une injonction Ă repousser des limites qu’il nous est difficile – voire carrĂ©ment impossible – de tenir.
Le pire exemple possible… sera diffusĂ© demain
Le 3 avril 2024, France 2 diffusera le tĂ©lĂ©film « Tu ne tueras point », suivi d’un dĂ©bat autour de son contenu.
Pour recontextualiser :
Tout part de la sortie d’un livre en 2019 retraçant le tĂ©moignage d’une mère ayant tuĂ© son fils handicapĂ©. Le livre a directement Ă©tĂ© acclamĂ© par la presse, et la mère invitĂ©e dans de nombreux mĂ©dias pour faire la promotion de son livre. Pour plus d’informations, nous vous renvoyons Ă la vidĂ©o qu’avait fait Vivre Avec Ă l’Ă©poque sur le sujet :
La parution du livre Ă©tait dĂ©jĂ une horreur en soi. Et lĂ , nous apprenons la diffusion imminente d’un film reprenant son histoire dans lequel l’enfant tuĂ©e – ici une petite fille – est clairement identifiĂ©e comme autiste. La diffusion d’un film retraçant le meurtre d’une enfant autiste vient remuer le couteau dans la plaie et annihiler totalement tout le mal que nous avons dĂ©jĂ Ă lutter contre le validisme et ses nombreuses violences. Une pĂ©tition a d’ailleurs Ă©tĂ© lancĂ©e afin d’interdire la diffusion du tĂ©lĂ©film. Voici un extrait :
Ce film met en scène une mère filicide qui assassine sa fille autiste par noyade. Les articles mĂ©dia soutiennent le point de vue de la meurtrière et de son avocat, appelant le grand public Ă la compassion envers des tueuses d’enfants handicapĂ©s. L’enfant assassinĂ©e est dĂ©shumanisĂ©e, rĂ©duite à « une autiste sĂ©vère »
AmĂ©lie TSAAG VALREN, membre du bureau de l’association La NeurodiversitĂ© France
[…] Comble du mĂ©pris, sa diffusion est prĂ©vue en France le lendemain de journĂ©e mondiale de sensibilisation Ă l’autisme du 2 avril, qui devrait ĂŞtre une journĂ©e d’expression de personnes autistes dans les mĂ©dias, et non une journĂ©e de compassion pour tueuses d’autistes.
[…] La valeur de la vie d’une personne autiste n’est pas un sujet de dĂ©bat.
En tant que personnes autistes, nous soutenons pleinement cette pĂ©tition et nous vous invitons Ă en faire autant. Diffuser un film qui retrace le meurtre d’une personne autiste pour la journĂ©e de sensibilisation Ă l’autisme est une vaste blague !
Nous nous permettons d’ajouter la vidĂ©o d’Angie Breshka, qui explique de manière beaucoup plus complète tout ce qui ne va pas avec la programmation de ce film :
Nos revendications
Après avoir passĂ© autant de paragraphes Ă expliquer en dĂ©tails ce qu’il ne faut pas faire, EN PARTICULIER pour la journĂ©e de sensibilisation Ă l’autisme, il serait judicieux d’enfin parler de ce qu’il faut faire, des revendications que nous souhaitons faire passer aux mĂ©dias, aux ministres et au grand public.
Nous, autistes de Belgique francophone, nous voulons :
- Que les médias mettent plus en avant nos voix et nos témoignages. Les nôtres, pas ceux de nos proches !
- Participer plus activement aux dĂ©cisions, projets et Ă©vĂ©nements autour de l’autisme.
- Un service de prise en charge pour les adultes plus clair, coordonné, centralisé et surtout plus accessible.
- Une meilleure sensibilisation de la part du corps mĂ©dical, en particulier les psychologues et psychiatres qui encore aujourd’hui peuvent refuser nos demandes de diagnostic sous prĂ©texte qu’on ne paraĂ®t pas assez autistes.
- Une meilleure sensibilisation dans le monde scolaire et du travail, notamment en ce qui concerne les aménagements. Que ces environnements soient plus adaptés à nos besoins.
- Pouvoir le dire Ă notre entourage (famille, Ă©cole, travail, mĂ©decin) sans craindre les rĂ©actions, que ça serve juste Ă faire comprendre qu’on a des spĂ©cificitĂ©s dans nos fonctionnements.
- Pouvoir relâcher notre masking sans craindre de se faire juger ou moquer. Cela se traduit par exemple en nous laissant stimmer en public, en nous permettant de nous isoler, ou encore en ne cherchant pas des sous-entendus à ce que nous disons.
- Que vous respectiez notre fonctionnement ainsi que nos limites et nos besoins spécifiques.
- Que vous respectiez un peu mieux les heures de silence dans les magasins (parler moins fort, Ă©teindre les Ă©crans Ă pubs, Ă©viter ces crĂ©neaux si vous n’en avez pas besoin, etc.), ou les zones de silence dans les train. Vous vous y allez par confort, nous on y va pour Ă©viter les crises autistiques !
- Que vous arrĂŞtiez d’utiliser le terme « autiste » comme insulte. Cela contribue Ă perpĂ©tuer le clichĂ© de l’autiste idiot.
- Que vous compreniez qu’on socialise autrement. Que si on ne vous parle pas, c’est parce qu’on ne sait pas comment s’y prendre plus que parce qu’on vous nie. Qu’on vous montre notre affection par des moyens moins conventionnels, comme (trop) vous partager nos passions au lieu de vous demander ce que vous avez fait le week-end dernier.
- Une meilleure sensibilisation aux cumuls de discriminations : prendre en considération les difficultés spécifiques aux femmes et minorités de genre autistes, aux personnes autistes et racisées, aux personnes autistes et queer, aux personnes autistes et grosses, aux personnes autistes et précaires, aux personnes autistes et âgées, etc.
Exemples qu’on veut voir plus souvent !
Pour terminer sur une note plus positive, nous vous proposons quelques exemples de reprĂ©sentations de l’autisme Ă partager autour de vous, toutes rĂ©alisĂ©es par des personnes concernĂ©es, et surtout sans tomber dans le misĂ©rabilisme !

Le Webdoc « Syndrome d’Asperger »
Webdoc qui date d’une Ă©poque oĂą les termes « Asperger » et « autisme lĂ©ger » Ă©taient encore utilisĂ©s, mais laisse entièrement la parole Ă des personnes concernĂ©es, avec toute la diversitĂ© qu’on peut retrouver dans la vraie vie.
https://www.syndromedaspergerlewebdoc.fr/
Quelques sites internet
CLE Autistes, qui propose des ressources pédagogiques, réactions à l’actualité, commentaires de médias, fictions et recherches scientifiques et des témoignages et prises de parole militantes
Autism’Squad, fait par et pour des personnes autistes
Le Blog de DCaius, qui traite de neuroatypie et santé mentale
Journal d’un Autisterrien, une BD oĂą se dĂ©roulent de courtes histoires drĂ´les sur le quotidien d’un père de famille autiste.
Quelques podcasts
Bande d’autistes : Un podcast qui aborde divers sujets en rapport avec l’autisme avec pour chaque Ă©pisode une partie rhĂ©torique et une partie tĂ©moignage.
Autos : Un podcast sur la dĂ©couverte tardive de l’autisme.
VolutĂ©s Sonores : Un podcast qui aborde des questionnements autour de la neurodiversitĂ© et des idĂ©es reçues sur l’autisme.
« Inspire me », un court-métrage
Une personne handicapée se demande pourquoi elle ressent une injonction à être inspirante, et revendique son droit à vivre comme tout le monde.
